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Comment prévenir les résistances aux vermifuges ?

La gestion des parasites constitue un véritable défi. Les traitements antiparasitaires ne devraient être administrés qu’en cas d’infestation avérée et de manière ciblée, sans traiter systématiquement l’ensemble du troupeau.

 

La prévention, notamment grâce à une bonne gestion des pâturages, joue un rôle essentiel dans la réduction des résistances aux vermifuges. (Photo : Danja Wiederkehr)

 

Les parasites internes figurent parmi les principaux défis de l’élevage des petits ruminants. Une faible charge parasitaire est normale, les animaux ne pouvant pas développer une immunité complète contre ces parasites. Tant que l’infestation reste modérée, elle n’affecte généralement pas leur santé.

Au pâturage, en particulier lorsque les surfaces sont limitées, la pression parasitaire peut toutefois augmenter en raison de l’accumulation de larves sur les parcelles. Une infestation importante compromet alors la santé et les performances des animaux et peut entraîner des pertes économiques.

Dans ces situations, le recours aux anthelminthiques est parfois nécessaire. Cependant, les résistances à ces traitements sont de plus en plus répandues. C’est pourquoi les traitements doivent être utilisés de manière ciblée et uniquement lorsque cela est nécessaire, chaque administration favorisant potentiellement l’apparition de nouvelles résistances.

Ne pas traiter l'ensemble du troupeau

Afin de limiter le développement des résistances, les traitements antiparasitaires ne devraient être administrés qu’en cas d’infestation avérée et de manière ciblée, sans traiter systématiquement l’ensemble du troupeau.

Cette approche permet de préserver une population de parasites sensibles aux traitements, appelée « refuge ». La présence de ce refuge est essentielle, car les descendants issus du croisement entre parasites résistants et sensibles sont généralement à nouveau sensibles. Maintenir une proportion suffisante de parasites sensibles contribue ainsi à ralentir la progression des résistances.

La prévention joue un rôle important

Le programme de surveillance parasitaire du SSPR aide à déterminer quels animaux doivent être traités et avec quel principe actif. Il repose sur l’analyse régulière d’échantillons de fèces afin d’évaluer le degré d’infestation de différents groupes d’animaux – par exemple les jeunes animaux, les animaux en lactation, les animaux taris ou les animaux malades – et de définir le moment optimal pour le traitement. Les vermifugations peuvent ainsi être limitées aux animaux concernés et réalisées uniquement lorsqu’elles sont réellement nécessaires.

Un examen coprologique complémentaire, réalisé une à deux semaines après le traitement, fournit des indications importantes sur l’efficacité du vermifuge utilisé (idéalement au moins 90 à 100 %) au sein du troupeau. Les résultats permettent aussi de déterminer si une substance active donnée ne devrait plus être utilisée à l’avenir en raison d’une efficacité insuffisante.

Au-delà des traitements médicamenteux, la prévention reste essentielle. Une gestion adaptée des pâturages, l’utilisation des alpages ainsi qu’une alimentation équilibrée et des conditions d’élevage respectueuses du bien-être animal contribuent de manière déterminante à limiter durablement l’infestation parasitaire.

 

 

Danja Wiederkehr est vétérinaire et gérante du Service consultatif et sanitaire pour petits ruminants (SSPR).

(Photo : SSPR)

 

Service consultatif et sanitaire pour petits ruminants SSPR
Industriestrasse 9 - 3362  Niederönz

Tél +41 62 956 68 58 - info@bgk-sspr.ch

 

 

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